Date de publication du livre érotique: 1746
Une œuvre libertine pour l'époque dans un cadre prétendument oriental.
Edition Bibliothèque électronique du Québec
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Extrait du livre (Discours préliminaire):
"Vous m’avez nom seulement demandé, Madame, un conte de fée, vous avez même exigé qu’il fût fait avant mon retour à Paris ; vous m’avez de plus ordonné d’éviter toute ressemblance avec tous ceux qui paraissent depuis quelque temps. Croyez-vous, Madame, qu’il soit aussi facile de vous donner un conte de fée d’un tour neuf et d’un style moins commun que celui qui semble affecté à ces sortes d’ouvrages, qu’il est aisé à messieurs les auteurs des Étrennes de la Saint-Jean et des Œufs de Pâques, d’ajouter chaque jour un nouveau chapitre à ces chefs-d’oeuvre d’esprit et de bon goût ? Quoi qu’il en soit, l’obéissance étant une vertu que votre sexe préfère peut-être à toutes les autres, je me suis mis à l’ouvrage, et je vous envoie tout ce que j’ai pu tirer de mon imagination. Vous vous apercevrez, par te ton différent qui règne dans le cours de ce petit ouvrage, que mon imagination a peu de suite et change souvent d’objet. Elle dépend si fort de ma santé et de la situation de mon esprit, que tantôt elle est triste, tantôt bizarre, quelquefois gaie, brillante ; mais, en général, toujours mal réglée, et ayant peu de suite. Par exemple, le commencement de ce conte est singulier, le récit du sultan est vif, naïvement conté, et, je crois, assez plaisant jusqu’au désenchantement de la princesse. Trop est trop. L’épisode du bonze Cérasin fournit encore un plus grand comique. Mais tout à coup arrive une description d’un temple et des différents cintres qui le composent ; cet endroit, auquel on ne s’attend pas, est, ce me semble, intéressant ; c’est dommage qu’il ne m’ait pas été possible de faire dire tout cela à un autre qu’au sultan Misapouf, qui véritablement doit être étonné lui-même de tout ce qu’il débite de beau, et de la délicatesse des sentiments que je lui donne tout à coup. Les métamorphoses qui suivent la fin de l’enchantement de la princesse ne produisent rien de vif ni de bien piquant ; mais le sultan ayant annoncé au commencement de son histoire qu’il a été lièvre, lévrier et renard, il a bien fallu lui faire tenir sa parole. S’il ne lui est rien arrivé de plaisant sous les deux premières formes, c’est, en vérité, la faute de mon imagination et du peu de connaissance que j’ai de la façon de vivre, et de penser de messieurs les lièvres : comme renard, il devait sans doute étaler toute la souplesse et la ruse qu’on attribue à cette espèce d’animal."
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